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La génération Z a une réputation qui la précède en institut : clientèle hyper-connectée, volatile, plus sensible à l'esthétique d'un post qu'à la qualité réelle d'un soin. Ouvrez les études sérieuses sur le sujet, et le tableau s'avère non seulement plus juste, mais aussi bien plus prometteur. Car bien comprise, cette cible offre au contraire de belles opportunités de croissance et de renouvellement de clientèle pour les instituts qui sauront s'y adapter.
Ce que cherchent vraiment ces jeunes clientes (et de plus en plus, ces jeunes clients) ressemble en réalité assez peu à l'image qu'on leur prête. Elles ne sont pas moins exigeantes que la clientèle historique de votre institut : elles le sont différemment.
Mais alors : qui est vraiment la génération Z, en quoi son rapport au soin diffère concrètement de celui de la clientèle dite « classique », et surtout, comment l'attirer et la fidéliser sans tomber dans les recettes marketing déjà vues partout ailleurs ?
Avant de parler d'attentes, il faut poser une définition claire, parce que « génération Z », tout le monde en parle, mais peu savent précisément de qui il s'agit. Selon les repères établis par le Pew Research Center référence internationale en sciences sociales, la génération Z regroupe les personnes nées entre 1997 et 2012 environ. Concrètement, en 2026, cela correspond à une tranche d'âge allant d'une quinzaine d'années à une petite trentaine, autrement dit, une partie déjà solidement installée dans la vie active, avec un pouvoir d'achat propre et des habitudes de consommation bien ancrées.
Ce qui distingue vraiment cette génération, ce n'est pas tant son âge que le contexte dans lequel elle a grandi. Elle est la première à n'avoir jamais connu un monde sans smartphone ni réseaux sociaux : l'information sur un soin, un produit ou une technologie lui est accessible en quelques secondes, sans jamais avoir eu besoin de passer par une esthéticienne pour se forger un premier avis. Elle a aussi grandi avec une sensibilité écologique réelle bien que sa consommation reste ambivalente sur ce terrain, et une méfiance quasi native envers les discours commerciaux trop lisses.
Bref : elle ne pousse jamais votre porte les mains vides. Elle arrive déjà informée, déjà comparée, déjà un peu méfiante vis-à-vis du discours de vente classique. Et c'est précisément ce point de départ qui change tout pour votre pratique.
Concrètement, qu'est-ce que ça change sur le terrain, en cabine ou à l'accueil ? Voici cinq écarts mesurés, chiffres à l'appui, entre cette nouvelle clientèle et celle qui a construit la réputation de votre institut ces vingt dernières années.
Chez la clientèle historique, le schéma est resté longtemps le même : on pousse la porte d'un institut sur recommandation, on découvre les soins sur place, on fait confiance au discours de la professionnelle. La génération Z inverse cet ordre. Selon une étude Ipsos consacrée à son rapport à la beauté et au parfum, 60 % des 18-25 ans déclarent avoir déjà acheté un produit après l'avoir découvert sur TikTok. Le réseau social est devenu la première vitrine, avant même le pas-de-porte physique.
Ce n'est pas un simple changement de canal publicitaire : c'est un changement de posture. Cette cliente n'attend pas qu'on lui fasse découvrir un soin, elle arrive souvent avec une idée déjà précise de ce qu'elle veut essayer, parfois avec le nom exact de la technologie ou de l'ingrédient en tête. Votre rôle d'experte n'est alors plus de faire découvrir en premier lieu, mais de valider, nuancer ou corriger une information qu'elle a déjà en poche.
Deuxième écart, plus profond encore : le niveau d'exigence sur la véracité de ce qu'on lui vend. Le baromètre GreenFlex-Ademe sur la consommation responsable référence sur ces questions en France, montre que 73 % des Français s'interrogent désormais sur la composition réelle des produits qu'ils achètent, et que 66 % recherchent activement des formulations « sans » certains ingrédients controversés.
Pour votre institut, cela signifie une chose très concrète : le discours flou du type « ça repulpe, ça illumine » ne suffit plus. Cette cliente veut savoir ce que fait réellement la technologie qu'on lui propose, sur quelle base, avec quels résultats mesurables. Le flou n'inspire plus confiance, il inspire la méfiance.
Troisième différence, sans doute la plus mal comprise par la profession : pour cette génération, se faire chouchouter en institut relève de moins en moins de la vanité, et de plus en plus de l'hygiène mentale. L'étude Ipsos sur la beauté et le parfum indique que 83 % des jeunes interrogés considèrent les cosmétiques avant tout comme un moyen de se sentir mieux, plus que comme un moyen de se conformer à un standard esthétique.
Cette génération a aussi largement rompu avec l'injonction à la perfection : elle assume davantage ses complexes, revendique une forme de vulnérabilité, et se méfie de tout discours qui la renverrait à un « défaut » à corriger. Un soin vécu comme une parenthèse de calme et d'écoute a, pour elle, beaucoup plus de valeur qu'un soin vendu comme la solution miracle contre un problème qu'on vient tout juste de lui pointer du doigt.
Quatrième écart : la place grandissante des hommes dans une clientèle historiquement très féminine. Toujours selon Ipsos, 55 % des jeunes hommes déclarent se parfumer davantage qu'il y a cinq ans, et huit sur dix utilisent aujourd'hui des soins du visage de façon régulière. Les chercheurs résument bien la nuance : « la beauté se dégenre, mais ne se dissout pas » —les hommes de cette génération ne viennent pas chercher les mêmes codes esthétiques que les femmes, mais ils viennent, tout simplement, alors qu'ils étaient largement absents des instituts il y a dix ans.
Pour un institut habitué à une communication et un accueil pensés presque exclusivement au féminin, c'est un angle mort qu'il devient urgent de traiter pas en créant une offre « spéciale hommes » à part, mais en révisant sobrement le vocabulaire et la mise en scène de l'ensemble de l'offre.
Cinquième différence, et sans doute la plus rassurante pour votre chiffre d'affaires : contrairement à une idée reçue, cette génération ne boude pas les dépenses beauté par manque de moyens. Une étude OpinionWay menée pour l'association FAIRE, relayée par Influencia révèle qu'environ un jeune de 18-24 ans sur trois consacre autour de 200 euros par mois à des achats plaisir, la catégorie beauté figurant parmi celles qu'ils sacrifient le moins, même en période d'inflation.
La nuance, c'est que cet argent est arbitré, pas dépensé par automatisme ou par habitude comme peut l'être celui d'une clientèle fidèle depuis vingt ans. Chaque achat est pesé, comparé, justifié par une valeur perçue précise. Ce n'est pas un budget restreint : c'est un budget qu'il faut mériter à chaque rendez-vous.
Rassurez-vous : rien de tout cela ne condamne votre institut à un relooking permanent ou à une présence sur TikTok que vous n'avez ni le temps ni l'envie d'assurer. En voici cinq actions à mettre en place immédiatement pour
Puisque cette clientèle exige des preuves plutôt que des promesses, donnez-lui les moyens de vérifier elle-même. Concrètement : une fiche de transparence par soin ou par technologie, affichée en cabine ou remise en fin de rendez-vous, qui explique le mécanisme d'action et les paramètres utilisés. C'est exactement la démarche qu'on retrouve derrière un diagnostic de peau professionnel bien mené qui objective ce que l'œil seul ne peut pas prouver.
Le vocabulaire de la vente-conseil traditionnelle repose souvent, sans même qu'on s'en rende compte, sur le repérage d'un « problème » à traiter : rides, relâchement, imperfections. Face à une génération qui a largement rompu avec l'injonction à la perfection, ce registre peut produire l'effet inverse de celui recherché. Retravailler ce discours pour partir des objectifs de la cliente plutôt que de ses « défauts » change profondément la façon dont le rendez-vous est vécu.
Puisque le soin est de plus en plus vécu comme un geste de régulation émotionnelle, transformez explicitement une partie de votre offre en rituel de déconnexion : téléphone laissé à l'accueil, temps de silence assumé en début de séance, ambiance sensorielle pensée pour marquer une rupture nette avec le rythme numérique permanent. C'est un axe qui se travaille aussi dans la construction d'un vrai soin signature où l'expérience compte autant que le résultat technique. Ce que cette génération ne peut pas trouver seule chez elle, ce n'est pas un actif cosmétique, elle peut se le procurer en ligne en deux clics, c'est cette présence humaine et ce temps sanctuarisé.
Puisque la clientèle masculine progresse réellement, révisez votre communication et votre accueil pour qu'ils ne présupposent plus systématiquement une cliente. Cela passe par des visuels moins exclusivement féminins, un vocabulaire de soin neutre, une mise en avant discrète de la patientèle masculine existante, sans pour autant créer une carte à part « spéciale hommes », généralement plus chère, qui recrée artificiellement une frontière que cette génération cherche justement à effacer.
Dernier levier, et sans doute le plus stratégique : cette génération peut acheter presque n'importe quel actif cosmétique en ligne, souvent moins cher, parfois sous forme de « dupe » d'un soin repéré sur les réseaux. Ce qu'elle ne peut pas acheter en ligne, en revanche, c'est un diagnostic professionnel, l'accès à une technologie encadrée par une professionnelle formée, et un conseil personnalisé fondé sur une vraie connaissance des actifs et de leurs indications selon les types de peau. Le prix d'un soin en institut ne se justifie plus par le produit qu'on y applique, mais par tout ce que ce produit, seul, ne pourrait pas faire. Le dire explicitement, sans complexe, dans votre discours commercial n'est pas de l'arrogance : c'est exactement l'argument que cette génération, qui a grandi en comparant les prix en temps réel, attend pour comprendre pourquoi elle paie plus cher qu'en ligne.
Selon les repères du Pew Research Center, la génération Z regroupe les personnes nées entre 1997 et 2012 environ. En 2026, cela correspond donc à des clientes et clients âgés d'une quinzaine à une petite trentaine d'années.
Non. D'après l'étude OpinionWay pour l'association FAIRE, environ un jeune de 18-24 ans sur trois consacre autour de 200 euros par mois à des achats plaisir, la beauté figurant parmi les postes de dépense les moins sacrifiés. La différence n'est pas dans le montant, mais dans l'arbitrage plus serré de chaque dépense.
Ce n'est pas une obligation absolue, mais c'est un canal d'information de plus en plus déterminant : 60 % des 18-25 ans ont déjà acheté un produit après l'avoir découvert sur ce réseau, selon Ipsos. À défaut d'y être actif, il est essentiel d'anticiper qu'une partie de la clientèle arrive déjà informée par ce biais.
En intégrant sa présence dans la communication générale de l'institut plutôt qu'en créant systématiquement une carte « spéciale hommes » séparée et souvent plus onéreuse, ce qui recrée artificiellement une frontière que cette génération cherche justement à dépasser.
Au fond, la génération Z ne demande rien d'extravagant : elle demande qu'on la traite comme une adulte informée, capable de vérifier ce qu'on lui raconte et de choisir en connaissance de cause. Ce n'est pas une clientèle plus superficielle que la précédente, c'est une clientèle qui a simplement déplacé le curseur de la confiance : elle ne l'accorde plus par défaut, elle l'accorde à celles et ceux qui savent la démontrer. Pour un institut qui construit sa réputation sur l'expertise plutôt que sur l'esbroufe, c'est plutôt une bonne nouvelle : c'est précisément le terrain sur lequel vous avez le plus de choses à apporter.
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